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Poésie La langue réfractaire

avril 2004 | Le Matricule des Anges n°52 | par Catherine Dupérou

Né en R.D.A. en 1956, Kurt Drawert grandit entre Berlin et Dresde. Fils d’un haut fonctionnaire de police, il s’insurge très tôt contre la société qui l’entoure et refuse d’adhérer à l’organisation de la Jeunesse communiste allemande. Dégagé de tout enrégimentement idéologique, il s’engage alors, par ses poèmes, ses pièces et ses essais à dénoncer un système moribond, dont la langue est pétrifiée, encagée et l’histoire falsifiée. Pour Kurt Drawert, héritier d’une culture située « à l’interface de systèmes idéologiques et de références esthétiques diamétralement opposés », la société est une prison, dont il s’attache à ausculter chaque lézarde, à relever chaque faille avec lucidité et exigence. Le poème qui ouvre le recueil voudrait « un livre qui découpe/ les sentiments en morceaux/ noirs et absurdes/ un vent d’hiver les balaie ». Ayant vécu l’expérience des Allemands de l’Est, contraints à adopter le mode de vie et les valeurs de l’Ouest, Kurt Drawert libère la langue de sa gangue sociale et la fait bondir, ironique et véhémente, « hors de la rangée des meurtriers »(Kafka). Sur la ligne de fracture qui entaille l’esprit de son époque, le poète tisse une langue révoltée où sourd la schizophrénie imposée à toute une génération sacrifiée sur l’autel du miracle économique. « Je refuse catégoriquement toute compétence. (…) Je refuse notre corps/ impudique, démesuré, très gâté de la civilisation très développée, et je dis politiquement sans parti : nous perdons nos dents/ dans notre livret de caisse d’épargne, si. » La voix de Kurt Drawert est celle du refus majeur, il nous faut l’entendre en ces temps policés.

Aveux de Kurt Drawert
Traduit de l’allemand et présenté par
François Mathieu, Virgile, 60 pages, 12

La langue réfractaire Par Catherine Dupérou
Le Matricule des Anges n°52 , avril 2004.
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