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Poches Le pas suspendu de l’Irlandais

janvier 2006 | Le Matricule des Anges n°69 | par Franck Mannoni

Pour qu’ils soient face au soleil levant

Dans la campagne irlandaise, un couple venu de Londres s’installe dans une maison au bord d’un lac. Kate et Ruttledge font connaissance avec leurs nouveaux voisins et retrouvent leurs vieux amis. Tout est dit de l’action du beau roman de John McGahern. Heureusement, car Pour qu’ils soient face au soleil levant n’est pas un livre qui mise sur un récit circonstancié. La trame est sinueuse. Le temps suit apparemment son cours mais folâtre volontiers dans le passé traumatique des personnages. Les phrases sont courtes, les mots pesés, sans effets inutiles. Ce qui surprend chez cet auteur, l’un des plus emblématiques de la littérature irlandaise, c’est la puissance qu’il confère à l’évidence. Tout ici semble procéder de la nécessité. L’identité des insulaires n’a pas besoin de politique pour s’afficher. L’un des seuls épisodes où la question est rapidement abordée, raconte le passage de la frontière vers l’Ulster, la partie nord et britannique de l’île. Deux pages suffiront. En revanche, chaque passage porte en lui une idée maîtresse. Pour être Irlandais, il suffit de vivre au pays et de le ressentir au plus profond de soi. Ruttledge, a qui l’on demande : « Qu’est-ce qui ne vous plaît pas en Angleterre ? », répond : « Rien, mais ce n’est pas mon pays et je n’ai jamais vraiment le sentiment d’être vraiment dans la réalité, de vivre une vraie vie ». Pour tous ceux qui fuient la pauvreté, qui se rendent en Angleterre comme on va à la ville, partir est une déchirure. John McGahern, condamné par la censure en 1965 pour son roman L’Obscur et renvoyé de son poste d’enseignant, a lui aussi quitté la verte Erin pour un exil volontaire de plusieurs années. Une expérience qui marque son œuvre, traversée par la question de l’identité. Pour McGahern, la vie se concentre autour de ce lac, mini-société où règnent à la fois l’entraide et l’amitié, mais aussi la jalousie et l’envie. L’existence s’écoule, paisible et dramatique à la fois, teintée d’un fatalisme serein. Tout cela pour une place au soleil, entre les averses.

Pour qu’ils soient face au soleil levant de John McGahern - Traduit de l’anglais (Irlande) par Françoise Cartano, Le Livre de poche, 446 pages, 8

Le pas suspendu de l’Irlandais Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°69 , janvier 2006.
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