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Poésie Vertes présences

septembre 2006 | Le Matricule des Anges n°76 | par Richard Blin

Dans la serre poétique

Donnée ici à lire pour la première fois, la poésie de Pierre Gilman relève d’une manière d’être, d’une façon de se quitter pour aller au-devant de son ombre. Poésie faite d’irrigations réciproques entre la fragilité têtue du souvenir et la beauté de ces petits riens qui réconcilient avec l’existence. « Ouvrir la porte des matins où s’étonner/ de la surprise d’exister dans la flaque solaire ». Une lumière mariée à un regard mental. Une façon de réarticuler l’émotion et le départ, le sentir et l’impulsion du partir. D’épeler les heures aussi, sur fond de vie qui flambe, de corps périssables et de lieux qui sont comme des centres de mémoire vive la Grèce, les Andes, Liège (où il vit), Sarajevo, le bois du Long Quoin… « Quand ma vie se désserre disant oui au jour neuf levé/ je retourne parfois dans le bois du Long Quoin/ sous la clarté mûrie entre les arbres/ ne sachant rien d’un poème nouveau / que j’aurais pouvoir d’élever/ avec les éclats d’une langue brisée ». Des poèmes infusés de présences-absences, vivant de ce qui leur résiste, s’inventant une dimension où vivre entre l’éternité de l’enfance, les erreurs d’amour, « la maison désertée par les enfants », le peu que nous sommes, et la mémoire des poètes aimés (Holan, Michaux, Char, Paz, Bonnefoy, Goffette, Pessoa, Elytis, Izoard…). Une poésie qui sait les leurres des images et du lyrisme mais qui tente d’opposer à un certain désenchantement du monde, cet autrement essentiel, cette limpidité native et nue qui fait entendre la musique de ce qui est, l’incessant battement du « il y a / il n’y a pas ». La poésie c’est « quand le tremblement d’un chant commence sur les lèvres secrètes de chaque chose », c’est « l’ivresse avec un simple verre d’eau », c’est la beauté tremblante de l’après-coup, le trouble d’une voix en mouvement rêvant de partager l’impartageable, d’être trace chaude où s’enfoncer comme on se quitte.

Dans la serre poétique de Pierre Gilman
L’Âge d’homme, 145 pages, 20

Vertes présences Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°76 , septembre 2006.
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