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Poches Les mots de l’enfance

juin 2008 | Le Matricule des Anges n°94 | par Thierry Cecille

Pas ici, pas maintenant

Une photographie : celle d’un bout de rue napolitaine, évocation d’une promenade dominicale. Soudain, le cadre s’élargit et Erri De Luca y pénètre, faisant de cette porte vers le passé le sésame du souvenir. Il est maintenant un vieil homme qui remonte la rue Toretta et reconnaît, au milieu de la foule, le visage de sa mère. Débute alors un récit, adressé à cette figure maternelle intemporelle, où l’enfance rejaillit par bribes, ressac de la mémoire.
Pourtant, le « je » et le « tu », la mère, l’enfant et le vieil homme se cherchent, s’appellent, se croisent mais jamais ne se rencontrent. Il y a entre eux, une vitre, celle du temps qui passe, du monde qui bouge : « il ne te fut pas permis de reconnaître ton fils vieilli, tu n’as vu qu’un homme qui te regardait au travers d’une vitre ». Pas ici, pas maintenant : erreur de temps et de lieu, rendez-vous manqué.
Dans un va-et-vient perpétuel entre le vieil homme et l’enfant, entre les possibles et les accomplissements, c’est en fait la perte, la mort et le vide qui s’immiscent : nouvelle maison, départ d’une servante, mort d’un ami, deuil d’un père puis d’une femme. Comment alors incarner « le reste de quelques personnes, de leurs effacements " ?
C’est l’écriture, plus encore que le récit, qui devient l’empreinte de l’existence. Le style d’Erri De Luca (dont c’était ici le premier texte) nargue les mots insoumis du bégaiement de son enfance. En effet pour l’enfant, debout au seuil du langage, les syllabes fuient, la langue fourche : « Jevveux pas des mots ». Le mal s’est pour lui greffé à la parole, celle de sa mère qui lui énumère les horreurs du monde. Mais Erri De Luca écrit pour mettre fin au silence : « parler c’est parcourir un fil. Ecrire c’est au contraire le posséder, le démêler ». Lire, c’est ensuite suivre ce fil d’émotion de bout en bout en acceptant les détours et l’incertitude.

Pas ici, pas maintenant de Erri De Luca - Traduit de l’italien par Danièle Valin, Folio, 126 pages, 4,20

Les mots de l’enfance Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°94 , juin 2008.
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