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Dossier Raymond Carver
Vertige de l’ordinaire

novembre 2015 | Le Matricule des Anges n°168

Comme on l’a vu récemment dans Birdman (ou la surprenante vertu de l’ignorance), Carver est devenu une sorte d’emblème du tragique inscrit dans le quotidien. Le film d’Alejandro González Iñárritu nous montre un Carver d’un réalisme excessivement sombre, sorte d’antidote aux fastes éphémères et illusoires du spectacle hollywoodien, et donne l’occasion de revenir sur le rôle de la banalité quotidienne dans une œuvre désormais reconnue comme « classique ». Ses récits sont en effet ancrés dans la vie quotidienne des années 70 et 80, où le chômeur alcoolique côtoie le représentant de commerce aux abois ; où il faut vendre sa voiture coûte que coûte même si cela signifie accepter d’aller au moins dîner avec le vendeur, où votre ex-femme venue juste vous rendre visite n’hésite pas à ressasser toutes les anciennes querelles qu’on croyait enterrées… Le cadre de ces nouvelles n’excède généralement pas, à quelques exceptions près, celui de la maison ou du voisinage immédiat. Une cuisine, dans laquelle on bavarde entre amis, on se dispute, on essaie de comprendre, on s’arrache (littéralement) un enfant… une chambre à coucher où, là encore, les couples se parlent, se déchirent, se réconcilient ou tentent de jauger la fracture qui les éloigne de plus en plus l’un de l’autre. Mais les récits de Carver laissent peu de place au descriptif, et si l’on y reconnaît parfois l’Amérique des classes moyennes ou ouvrières, c’est dans ce qu’elle a de plus commun, pour ne pas dire universel : ne pourrait-il pas s’agir de n’importe quelle cuisine ou de n’importe quelle chambre à coucher ? Les situations de crise dans lesquelles se trouvent les personnages – rupture, maladie, chômage, endettement – les amènent souvent à percevoir le réel qui les entoure avec une acuité particulière qui le défamiliarise, plus ou moins brutalement selon les cas. Carver se situe en cela dans la continuité du travail de Flannery O’Connor pour qui la fiction révèle l’étrangeté du familier. Les événements eux-mêmes ne sont que très peu nommés, ou seulement à demi-mot, enfouis dans les marges du récit. Au lieu de cela, le texte se concentre sur des détails, sur des situations gênantes ou des paroles maladroites, et ce gros plan sur le banal nous renvoie à notre vulnérabilité, fût-elle pathétique ou grotesque. Le réel s’impose soudain, opaque et muet, laissant les personnages hébétés, traversés de questions qui laissent le sens en suspens. Que l’on songe par exemple à « Conservation », une nouvelle dans laquelle Sandy voit son mari au chômage s’installer durablement dans son canapé, tel un Oblomov contemporain. Au fil des jours, le quotidien se met à dérailler : le frigo se casse, le fréon se répand, les aliments dégelés brûlent dans la poêle, la cuisine est envahie de flaques d’eau si bien que les pieds du mari, qui a fini par se lever pour venir dîner, apparaissent à Sandy comme la chose la plus « bizarre » qu’elle ait jamais vue. Cet emballement des petites catastrophes du...

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