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Dossier Raymond Carver
Ballades sans harnais

novembre 2015 | Le Matricule des Anges n°168 | par Emmanuel Laugier

Le dernier volume des Œuvres complètes de Carver, rassemblant ses trois livres de poésie, permet de comprendre d’où viennent l’ultra sobriété et la concentration qu’on reconnaît à ses nouvelles.

En 1984, alors que son dernier recueil de nouvelles, Les Vitamines du bonheur, lui permet d’atteindre une reconnaissance inédite dans sa carrière, et de vivre enfin de ses droits d’auteur, Carver cesse d’écrire de la fiction (il y reviendra avec Les trois roses jaunes), au grand dam de son agent et de son éditeur. Ce mouvement de détour, ou d’embardée, pour reprendre un terme nautique, n’avait rien d’arrogant. Carver revenait plutôt vers une forme à laquelle il s’était essayé dans les années 60, publiant d’abord en revue, puis un ensemble de deux volumes (Near Klamath et Winter Insomnia). Le poème fut toujours pour lui le modèle réduit et ultra-concentré de la préparation de ses nouvelles. Poèmes qui furent donc comme les fiches antérieures et mobiles, les marque-pages de tout ce qui venait à lui : matière commune des vies minuscules, histoire de losers, autobiographies familiales, dépits existentiels, addictions multiples, régressions, pensées nulles, jusqu’à ces moments de purs bonheurs, telles ces parties de pêche parfois inconscientes auxquelles ils se livraient, à contre-courant levant un poisson de trente livres, ces balades en montagne, cherchant à saisir les bois des grands cerfs…, ou la simple lumière rasante de l’après-midi sur la table de son bureau.
À la différence de bien de romanciers américains, dont Faulkner, les poèmes de Carver ne sont en rien des curiosités de jeunesse, et pas seulement parce que ses trois livres principaux parurent à la fin de sa vie (Où l’eau s’unit avec l’eau [1985], La Vitesse foudroyante du passé [1986] et Un nouveau chemin jusqu’à la cascade [1989]). Mais parce qu’en eux une liberté sans harnais, contrairement à ce qu’il put parfois dire (« J’aime être sous harnais… », s’y expose, sous l’apparence d’une simplicité que William Carlos Williams toucha dans Spring and all (1923) par exemple, ou Frank O’Hara dans ses Poèmes déjeuner (1964). Cette dernière expression (« d’être sous harnais »), tout aussi ironique que lucide quant au statut de quasi-légende atteint de son vivant en tant qu’auteurs de fictions, qualifie plus fortement l’ouverture que ses vers, narratifs, presque nonchalants, au ras des choses vues, donnent à sentir. Ainsi dans « À l’est, une lueur », au milieu d’une « maison (qui) a tangué et gueulé toute la nuit », la fracture sociale des années G. W Bush se montre comme un os : « Et ils voient que papa a ouvert/ le cadeau que lui fait maman. C’est une longueur de corde,/ une moitié sortie, l’autre encore dans sa jolie boîte./ Qu’ils aillent donc se pendre ». En 84, installé à Port Angeles, alors qu’il projette d’écrire un roman, viennent à la place les première lignes d’un poème, puis chaque jour un autre, puis deux : légères touches à la surface de la page, parfois vaines, mais toujours émouvantes, tels les mouvements de poissons fantômes revenus à la vitesse foudroyante du passé.
Au cours des cinq dernières années de sa vie, Carver écrivit sept nouvelles et deux cent quatre...

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