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Poésie La Forme du reste

mars 2025 | Le Matricule des Anges n°261 | par Guillaume Contré

La Forme du reste

Poursuivant un projet qui entremêle poésie et théorie en un maillage insécable afin que l’une ne soit jamais l’excuse ou la conséquence de l’autre (et inversement) mais que les deux dialoguent et s’interpénètrent par effet de contagion et de stimulation mutuelle, Pierre Vinclair propose un ambitieux « journal de l’année 2023 » dont l’enjeu serait de « saisir l’évènement » pour « faire passer une singularité sensible » grâce à la « double pince du distique ». Le livre s’organise ainsi autour d’un dispositif qui permet d’établir un « sonnet d’une phrase saisissant sept coupes (une minimum par jour) » lequel sonnet se multiplie par séries de sept. On aurait néanmoins tort d’y voir une ambition uniquement formaliste (avec toute la charge de froideur et de distance qu’un tel mot implique) puisque la forme est au contraire pour le poète ce qui permet à l’improvisation poétique de se faire, étant entendu qu’elle ne dépend pas chez lui de la trop volage inspiration. Ces sonnets-semaines, qui portent en marge la date de leur écriture, offrent mille et une possibilités de tuilages, de concentration et d’expansion du sens pour mieux saisir les choses vues (notamment la peinture, très présente ici) et les impressions vécues, c’est-à-dire, donc, les évènements dans la mesure où ils ont lieu ou pas. Vinclair, en bon critique de son propre travail, ne manque pas d’interroger cette notion d’évènement, lequel n’a d’ailleurs pas nécessairement vocation à être sonnant et trébuchant pour nourrir le poème, bien au contraire. Il s’agit de « bricoler dans la forme un ordre à jamais temporaire / à même de contenir de l’ouvert, accueillir le chaos » et, « en poète ignorant », « d’interroger l’architecture des choses par le poème qui les soutient ». Le livre se complexifie par l’intervention de passages en prose, soit « une nouvelle forme » dans la forme première, qui vient l’enrichir et donne au livre, à travers ses passages les plus théoriques et réflexifs, sa dimension totalisante et pourtant toujours fragmentaire, puisque la forme, évidemment, laisse toujours un reste.

Guillaume Contré

La Forme du reste de Pierre Vinclair
Lurlure, 220 pages, 21

Le Matricule des Anges n°261 , mars 2025.
LMDA PDF n°261
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