La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
ZA Loup à Loup 83570 Cotignac
tel ‭04 94 80 99 64‬
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français

mai 2025 | Le Matricule des Anges n°263 | par Jérôme Delclos

Le 13 décembre 1978 à 17 heures, une peinture de la Renaissance est volée par deux hommes dans le musée municipal de Saint-Germain-en-Laye. « (…) l’un d’eux la décroche du mur tandis que l’autre repousse le gardien d’un jet de gaz lacrymogène. Tous deux ressortent quelques instants plus tard avec leur larcin. Une voiture les attend, ils s’éloignent rapidement. Il est 17h05. » Le journal Le Monde relate l’affaire sous le titre « L’Escamoteur escamoté » en référence au tableau, attribué à Jérôme Bosch : « une scène de prestidigitation (…) : un magicien réalise un tour pendant lequel un des spectateurs, ébahi par son adresse, se fait voler sa bourse par un tiers ».
En février, les voleurs se font piéger par la police. Éric Moreau est arrêté, Jean-Marc Rouillan s’enfuit. L’Escamoteur est récupéré dans leur voiture, intact. À partir de ce fait divers, Isabelle Limousin, conservatrice en chef du patrimoine, tresse ensemble la question de l’attribution de l’œuvre (de Bosch ou non ? d’un de ses apprentis ? la copie d’un original perdu ?), l’énigme non résolue de certains de ses détails, et le récit de ce braquage raté à la fin des « années de plomb » : dans les années 1960-1970 tout comme en Allemagne et en Italie, la France connaît une vague d’actions terroristes, chez nous menées par Action directe dont font partie les deux braqueurs avec Nathalie Ménigon qui a fait les repérages. L’autrice, sans parti pris, oppose le maire de Saint-Germain-en-Laye en défenseur éclairé de l’art pour tous avec Rouillan qui légitime son forfait en déclarant ne plus croire à ces « tours de passe-passe » du « sens commun ». Le tableau, lui, conserve ses secrets, et continue de nous mettre en garde : « À quoi ou à qui devons-nous prêter attention aujourd’hui pour éviter d’être comme le badaud, berné et dépouillé ? ». Au lecteurice d’en juger.

Jérôme Delclos

La Peinture magicienne, d’Isabelle Limousin
Archivio, 56 pages, 12

Le Matricule des Anges n°263 , mai 2025.
LMDA papier n°263
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°263
4,50