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Entretiens Les mots menus d’Antoine Emaz

mars 1995 | Le Matricule des Anges n°11 | par Emmanuel Laugier

Minimale, sèche, saillante et rase, la poésie d’Antoine Emaz dit ce qui passe entre le dehors et ce qui nous est intérieur. Les mots d’Entre, son dernier recueil, en sont les traces serrées.

Sec, le carré bleu de Gauloises dans la main, venu d’Angers où il vit pour nous rencontrer chez son éditeur, Antoine Emaz (né en 1955), la voix hésitante ou mal assurée, a accepté cet entretien, sachant que dire ou approcher le pourquoi ou le comment du poème (sa cuisine) est toujours un exercice voué à l’échec. Antoine Emaz parla donc de ce mot de poésie, mot qui l’aimante, le creuse, chaque jour, sans confier aucun élément de sa vie privée, cette vie que l’on n’a pas à connaître pour lire ses poèmes. Il parla des liens illisibles que nous avons avec le monde, avec ce bout de jardin ou de ciel, avec la lumière d’un gyrophare dans la rue, du dehors, cet obstacle. Ne reste alors que la minceur du poème, sa plage maigre et sa sécheresse. Antoine Emaz, des mots qui comptent…

Antoine Emaz, vos poèmes ne chantent pas ; ils se bornent toujours, avec très peu de mots, à dire ce qui reste et ce qui se passe, en fait, entre le corps et ce qui lui est étranger, autre…
Il y a dix ans, j’ai hésité entre deux écritures. Je travaillais alors sur deux poèmes Le chant des pauvres et Poème de la fatigue. Ces poèmes avaient deux directions différentes. Quelque chose m’a amené à continuer dans la voie de Poème de la fatigue, c’est-à-dire à ne pas faire chanter le poème, mais plutôt à le faire être dans le tarissement du chant. Toutefois, il n’y a pas eu de véritable décision de ma part. Les poèmes viennent et dessinent presque seuls ce qu’ils vont être. Au lieu de travailler sur du « serré », sur du « sec », il se peut que revienne quelque chose de fluide dans le poème. Une sorte de complémentarité entre le vers court et le poème en prose.
En deçà (éd. Fourbis), C’est (Deyrolle), Entre, qui titre votre dernier recueil, ces trois mots suffiraient à dire ce vers quoi tendent vos poèmes…
Là encore, il y a un mouvement de réduction dans mes poèmes. Essayer de serrer le poème sur ce que c’est que d’être là. Ce resserrement du poème sur quelques mots simples et banals me conduit à penser que, chez moi, le poème se veut un lieu commun. Il s’agit pour moi de dire des événements ras : à savoir, d’être face et contre quelque chose, le monde, les choses, les êtres…
Ce rapport se réduit toujours à un constat, il y a les mots de « masse », de « bloc », ceux qui disent le mince, le mou, le dur, ce qui envahit ou se rétrécit, le dedans, le dehors, ce qui sépare ou ce qui fait que tout est perméable, ce qui abat et ce qui calme, une absence totale de jugement ?
Il n’y a pas de jugement à l’intérieur du poème. Le poème pose ce qui est. Point. Poser ce qui est doit suffire pour provoquer un jugement. Ce que j’écris devrait suffire à imposer un jugement sur un état de fait du monde et de la société. Le poème ne formule pas mais dénonce ce qui dans l’état de fait du monde est intenable quand on est face au monde. Il y a une force de refus dans le poème. Le poème se fait dans le négatif.
Vous vous méfiez d’ailleurs de tout ce...

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