La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Jeunesse Charmants mensonges

juin 2002 | Le Matricule des Anges n°39 | par Gilles Magniont

Le Chat botté

Illustration(s) de Jean-Marc Rochette
Editions Casterman

Charles Perrault : 1628-1703. Membre de l’Académie française, instigateur de la querelle des Anciens et des Modernes, grand fonctionnaire du Roi-Soleil, accablé d’honneurs et de charges, publiant abondamment. Autant dire rien, c’est-à-dire pas grand-chose qui nous dise encore quelque chose hors des murs universitaires. Et puis à 69 ans, voilà qu’il publie, et encore sous le nom de son fils (alors âgé de 10 ans), un mince volume intitulé les Contes de ma mère l’oye. On dira alors qu’il a inventé un genre, le conte de fées, qu’il a donné une forme littéraire aux contes traditionnels et du naturel au merveilleux. C’est resté. Relire ces histoires a d’ailleurs aujourd’hui quelque vertu : le docte Perrault ne s’imaginait pas oeuvrer dans le cadre d’une « littérature de jeunesse », il ne catéchisait pas. Forcément, Le Chat botté n’apprend pas à digérer le divorce des parents, pas plus qu’il n’indique comment devenir un bon républicain ou rester roide devant la mort. Bien sûr, il y a deux moralités, mais qui est dupe ? Comme chez La Fontaine, l’essentiel réside dans le plaisir du récit. Du reste, à quelle édification citoyenne pourraient prétendre les mensonges d’une bête inventant à son meunier de maître le titre de marquis de Carabas, les terres et le domaine qui vont avec, jusqu’à duper le roi et sa fille… On en retire en tout cas bien du plaisir, d’autant qu’ici, si certains passages ont été supprimés « pour des commodités de lecture », ce qui reste du texte original -l’essentiel- est respecté, et qui plus est agrémenté de notes éclairant le sens : un bambin déluré pourrait s’inquiéter des « caresses » prodiguées par le roi au marquis de Carabas, et vous de rester interdit.
Enfin et surtout, le plaisir est revivifié par la grâce des illustrations de Jean-Marc Rochette (qui, dans la même collection, donne encore corps au Petit Poucet). Plumes et aquarelles alternent pour que la friponnerie du chat, et son délicieux sourire, éclatent avec force sur le fond des costumes Grand Siècle.
Pour le dire vite : un ravissant album, particulièrement soigné.

Le Chat botté
Charles Perrault
Casterman
23 pages, 12,5 euros

Charmants mensonges Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°39 , juin 2002.