La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Fonds d’émoi

mai 2003 | Le Matricule des Anges n°44 | par Giovanni Angelini

D’emblée on est mis en confiance. On y va désarmés… et on glisse de la transparence apparente des pages aux soubassements inquiétants, opaques, du quotidien. Entre géologies fragiles, souvenirs de paysages, revenez-y amers, sentiers et talus, l’auteur nous donne l’accolade, nous tend une cigarette, pour mieux contempler les pauvres matériaux dont nous sommes faits, dont nous sommes issus. Si Fabio Pusterla (écrivain suisse-italien, également traducteur, né en 1957) fonde bien sa voix sur les éléments d’une vie « normale » -« Les longues gloses sur la moindre peine, le compte rendu/ des années, des siècles, des morts/ Calendriers, miracles, naufrages./ Puis le silence »- il est vrai, aussi, qu’il les racle pour en tirer des étincelles de vérité. Le quotidien qui semble confortable devient en effet l’aiguillon de la pensée, la scarification qui catalyse le poème. Ce recueil, composé d’extraits de deux livres (1), plonge ses racines dans une veine de la poésie italienne qui va de Montale, Sereni, Caproni (surtout) à des poètes contemporains tels que Milo De Angelis ou Magrelli. Tous, comme Pusterla, ont moulé leur recherche dans la réalité pour éviter les dangers des redondances poétiques, amarrés aux fondements vitaux qui rapprochent les hommes. C’est cela, aussi, qui fonde l’esthétique de l’auteur : ces « voix de mes poètes/ montaient toujours d’en bas/ parlaient bas/ à partir du fond ».
Par moments, la sobriété de sa parole nous donne comme une sensation de trop de sagesse mais, c’est de sincérité, d’éthique, qu’il s’agit. Son écriture est le prolongement naturel du vécu, de la matérialité de nos rapports avec le monde où nous sommes exilés. La tentative de vivre dans la vérité malgré nos brûlures intérieures.

Deux rives
Fabio Pusterla
Traduit de l’italien par Béatrice
de Jurquet et Philippe Jaccottet
Cheyne
115 pages, 18

(1) dont Les Choses sans histoire, traduit par Mathilde Vischer, qui paraît aux éditions Empreintes (240 p., 9 )

Fonds d’émoi Par Giovanni Angelini
Le Matricule des Anges n°44 , mai 2003.
LMDA PDF n°44
4.00 €