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Entretiens La part de l’oeil vivant

mars 2006 | Le Matricule des Anges n°71 | par Emmanuel Laugier

Tranchante, serrée sur ses mots rares, attentive aux variations quotidiennes du dehors, la poésie de Pierre Chappuis cherche en elle la justesse d’un ton.

Mon murmure, mon souffle

Éboulis et autres poèmes

Pour se rendre au lac de Bienne, que Rousseau préféra au lac Léman, il faut depuis Neuchâtel emprunter, selon Pierre Chappuis, un sentier bordé de joncs, de roseaux assez hauts pour cacher longtemps la vue au promeneur solitaire : mais lorsque une trouée enfin s’ouvre sur le lac, c’est à ce moment que Rousseau dit sa préférence en quelques phrases qui sont les plus sensibles de toutes ses promenades à lui. C’est ce même regard, acéré, et comme lové dans le dehors immédiat qui conduit, depuis plus de trente ans, en presque vingt livres, toute l’éthique du travail poétique de Pierre Chappuis. Le très fort Éboulis donnait la mesure des audaces formelles que risquait alors un livre paru en 1984 (Pierre Chappuis a 54 ans), décrivant tel un batteur le « roulement/ sans fin/ sur la caisse claire// derrière un rideau de perles// dément, démon/ s’acharne sur ses drums.// Qui cul par-dessus tête/ et » ; quand Mon murmure, mon souffle, vingt et un ans plus tard, dans une écriture presque réflexive, note l’ « écran de fin de nuit/ ses éraillures, ses trous / à traverser », ou, « seul dans le ciel,/ ce sombre hangar désaffecté ». Seul, juste là, suffisant à dire toute la distance aveugle qui nous sépare du monde. Rencontre avec le poète neuchâtelois, lauréat l’an dernier du Grand Prix Ramuz.

Pierre Chappuis, vous publiez votre premier livre en 1969, vous avez alors presque quarante ans. Écrire était une vocation tardive ?
Pas vraiment. J’ai été longtemps très retiré, comme beaucoup de poètes ou d’écrivains pour qui écrire est une vocation presque clandestine, alors, après avoir fait quelques essais d’écriture, comment montrer cela et à qui… J’ai donc mis beaucoup de temps à publier, et porter mon travail à la connaissance de quelques-uns, ce n’était pas encore trouver un éditeur. Les deux premiers livres (Ma femme ô mon tombeau [1969] et Distance aveugle [1974]) ont ainsi été publiés à mes dépens chez un imprimeur. Par la suite, j’ai éprouvé le besoin de rendre compte du travail d’autres poètes par des articles parus en revues, moyen pour moi de sortir de mon isolement. En même temps, il faut voir là le signe que je ne craignais plus l’influence d’autres écritures, impatient alors de prendre ma propre mesure et surtout celle des autres, de me situer, de marquer mon territoire.
Le premier livre, Ma femme ô mon tombeau, avait trait de manière étroite à, disons, des problèmes existentiels, aux difficultés de vivre dans lesquelles je me débattais alors et il marquait la sortie d’un douloureux silence de près de douze ans. Au moment de sa parution, en 1969, Distance aveugle était déjà en chantier. Là, plus question d’une réalité subjective ; plus de lyrisme subjectif, mais une attention vouée au contraire à la réalité environnante, paysagère, le titre indiquant que la distance aux choses aussi bien que des mots aux choses cesse par moments d’être perçue comme telle, soudain abolie. Le sentiment nous envahit alors, fugitivement,...

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