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Dossier Claude Esteban
La langue inhumée

mai 2006 | Le Matricule des Anges n°73 | par Thierry Guichard

Quinze ans de poésie viennent témoigner du parcours d’un poète au mysticisme souterrain, au lyrisme empêché.

Composé de cinq parties, Le Jour à peine écrit reprend donc des suites de poèmes écrits entre 1967 et 1992 publiés entre 1968 et 1993 et rassemblés ici dans un ordre chronologique. Voulu ainsi par l’auteur lui-même, le livre a quelque chose de mystérieux. Qu’est-ce qui a présidé à ce choix ? Le fait que l’ouvrage se termine avec « Sept jours d’hier » paru en 1993 chez Fourbis n’indique-t-il pas que Claude Esteban prévoyait déjà un deuxième tome et de réunir deux fois quinze ans de poésie ? Sa mort vient donner au livre un air de testament qui a priori n’était pas voulu.
Entrons. Le seuil est aride, dépouillé : il ressemble à ces maisons grecques ou crétoises faites d’une terre séchée sous un ciel implacable. Les poèmes, parfois très brefs, posent peu de mots sur la page ce qui leur donne une présence forte. « Graines // dissimulant l’histoire/ lente/ sans le savoir.// Demain vous dépossède. » Le regard se pose à ras de terre dans les « brindilles », parmi les « insectes », comme si la parole rassemblée si bas, ne pouvait plus s’élever : « Toute parole condamnée/ à son arête littérale. » Mais loin de signer un désastre, les mots semblent prendre racine. À rebours du Beckett de Oh les beaux jours, nous assistons alors à une naissance : « Je reprends de plus bas./ J’avance / à peine. (… )// Je monte/ mot à mot, sans/ voir. »
« Conjoncture du corps et du jardin » prend le relais avec des blocs de texte compacts numérotés en chiffres romains. Il est midi toujours, mais l’espace semble élargi, le « je » prend de l’ampleur. La déesse de l’enfer est appelée pour étancher une soif tellurique : « Perséphone sans feu ni lieu, fais-moi descendre vers tes fleuves. » S’expriment ici l’inadéquation des mots avec le monde et la méfiance portée sur la langue qui nous sépare du vivre : « J’ai froid dans le mot froid. J’ai mal dans le mot nuque. Vais-je guérir des signes ? Mon corps attend qu’on le sépare d’une idée de soi. Qu’on le baptise encore dans une eau transparente, celle qui germe ici. »
Dans « Le Nom et la demeure », le vers retrouve sa verticalité. La première suite, qui donne son titre au livre, s’ouvre sur la scène inaugurale : « Mot à mot, j’ai/ nommé le jour. » Et plus loin : « Tout le jour/ j’ai lutté.// Frappé les mots, froissé/ les mots/ dans leurs jointures.// Qu’ils résistent, qu’ils/ cèdent,/ je reste seul.// Je/ recule/ Jusqu’au silence. » Reflux de la parole ? Geste vain ? Le souffle se fait pauvre. Les mots se détachent, seuls, comme exténués par « le vent sur la page/ à peine/ écrite. » Le mot « peine » dit autant le « peu » que la souffrance. Le poète peine à habiter sa langue. Ce que dit aussitôt, mais plus largement, avec plus d’ampleur la « Prose dans l’île » où un large bloc de texte vient « accuser le partage entre la richesse des émotions et l’indigence des moyens verbaux. » La voix revendique, prend date : « Mes signes seront plus forts, puisque la nuit les protège » et s’appuie sur des fondations...

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