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Poésie Alaska

avril 2016 | Le Matricule des Anges n°172 | par Emmanuel Laugier

C’est sur le territoire de l’Amérique russe, comme on appelait l’Alaska au XIXe siècle, que Jean-Claude Caër se rend. Le saut dans un temps pur d’altération s’apparente ici à un plongeon en apnée vers une autre rive, ou vers ces « îles de la frontière entre les mondes » que signalaient les mots de Haida Gwaii (à quoi son livre précédent se destinait).
Parti « pour Anchorage sous l’œil morne / Des ours et des grizzlis  », Caër y trouve des rues larges où les pauvres patientent sous les abribus et que seuls des 4x4 rutilants parcourent. Quelques rêveries ethnographiques, la lecture de Kipling et des voyages de Montaigne, le détournent de la mélancolie et de la tristesse d’une lente mais irrémédiable destruction du territoire. Les Athabascan donnent une leçon de courage, par l’art et le raffinement qu’ils mettent au service de leur simple survie : « Les femmes plaçaient des herbes séchées entre deux épaisseurs de peaux / Pour absorber la sueur des chasseurs  ». Caër résume en quatre vers paradoxaux l’art de pêcher la baleine : « Hommage à la légèreté. / Légèreté du vêtement. / Légèreté de la pirogue, / Et même du geste du chasseur qui lance le harpon  ». Le livre avance ainsi, presque nonchalant, déceptif, avec ses micro-narrations. L’œil cherche et butte sur les gestes peu scrupuleux de jeunes ouvriers de la voirie. C’est la saison du saumon argenté (Coho). La pluie ne lave pas du poids de la fin, de celle de la mère ( ?) qui s’en va, dont il se souvient du geste de ratisser les feuilles de magnolia… « Quelques points lumineux / Clignotent rouge vert orange / Dans la nuit leurs reflets / Sur l’eau noire glacée / Quelques lieux fixes / Et le bourdonnement des usines » ponctuent le temps vieux, juste avant qu’il ne fonde comme un sucre lent et n’emporte la couverture de glace bleu dur de la terre entière…
E. L.


ALASKA
DE JEAN-CLAUDE CAER
Le Bruit du temps, 69 pages, 16 e

Le Matricule des Anges n°172 , avril 2016.
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