La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Hélène Bessette
Une parole en colère

juin 2020 | Le Matricule des Anges n°214

En 1964, Marguerite Duras écrivait dans L’Express : « La littérature vivante, pour moi, pour le moment, c’est Hélène Bessette, personne d’autre en France. »
À une époque où le Nouveau Roman triomphe (Nathalie Sarraute ayant publié quelques années plus tôt L’Ère du soupçon), où la littérature narrative traditionnelle s’épuise, l’œuvre d’Hélène Bessette apparaît comme un astre unique et inclassable.
Hors de toute école, de tout mouvement littéraire, je serais tentée a posteriori de l’inclure cependant dans un quatuor féminin, où elle aurait sa place aux côtés de Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Monique Wittig. Chacune de ces autrices possède sa singularité, Sarraute sur le versant de l’expérimentation, Wittig du militantisme féministe, quand Bessette, plus en affinité avec la sensibilité de Duras, explore une phrase ressassante, obsédante, dans l’expression d’un désir, une urgence à nommer, à dire, ce que l’informulé (le ça de la psychanalyse) occulte. Langue directe, sèche, précise, pour une œuvre trop longtemps méconnue.
Dans une zone intermédiaire entre le parlé (soliloque), et l’intériorité d’une prose très construite, son écriture m’évoque une autre grande dame de la littérature du XXe siècle, Gertrude Stein, dont un personnage homonyme à celui de Bessette, Ida, portait déjà en elle toute la vulnérabilité des invisibles (les domestiques, les petites gens).
Inaugurée par un auteur masculin (Flaubert, Un cœur simple), la bonne en tant que personnage romanesque à part entière fut présente dans le roman du siècle suivant comme figure d’aliénation ou de compassion : des Bonnes de Jean Genet, à la Céleste de Proust, ces petites figures du care (dirait-on aujourd’hui) révèlent l’hypocrisie majeure d’une société bourgeoise délétère et arrogante. Si l’on ne peut réduire Hélène Bessette à une écriture de la lutte des classes, rarement a-t-on vu dans la littérature, aussi fortement incarnée, la figure passe-muraille de la domestique, celle qui ne pense pas, à qui on ne laisse pas le loisir de réfléchir : « Ida (les Ida) ne peut se permettre de parler à Madame Besson avec la liberté de l’égalité. Ida est inférieure une fois pour toutes. » (Ida ou le délire)
La parole du dominant est violemment mise en résonance avec le silence du dominé. Ida est celle qui n’a pas pu mener sa révolte, encombrée par des pieds trop grands qui ont provoqué sa mort (accident, suicide, on ne sait plus).
Vingt minutes de silence, qui tient à la fois du récit et du témoignage de fait divers, interroge les dysfonctionnements pathologiques de la famille nucléaire.
Ainsi, Bessette a peut-être ouvert la voie à des œuvres importantes, à des voix féminines contemporaines incontournables (Annie Ernaux, Nathalie Quintane, Chloé Delaume).
Jean Genet, son exact contemporain, avait exalté les figures marginales de l’homosexuel, du prisonnier, du voyou héroïque. À une époque où la parole des femmes se libère, l’œuvre d’Hélène Bessette...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°214
6.50 €
LMDA PDF n°214
4.00 €