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Poésie Cap à l’autre

octobre 2004 | Le Matricule des Anges n°57 | par Emmanuel Laugier

Dans les premières pages de ses Récits de la Kolyma, Varlam Chalamov parle des sentiers que des hommes avaient à tracer dans la neige. De l’homme éreinté par ce travail, il dit aussi qu’il « meut son corps sur la neige comme le barreur conduit son bateau sur la rivière d’un cap à l’autre ». Façon pour lui de maintenir, dans le reste amaigri de tout espoir, l’horizon possible d’une accalmie… D’une venue du jour dans la nuit du jour. C’est aussi ce que ne cesse de réfléchir, au sens d’une ombre sur un mur, l’expérience de la poésie de Jean-Marie Barnaud, et dirait-on davantage avec Venant le jour. Du Rwanda aux femmes tchétchènes enroulées d’explosifs, des femmes égorgées en Algérie à la Corée, Jean-Marie Barnaud maintient la possibilité d’un chant à la lyrique sobre, et toute retenue dans la fluidité naturelle de sa prosodie. Il faudrait même parler ici du ton volontairement dépassionné de ce livre, et de la force concentrée qu’il donne à la basse continue de sa voix, de sa pudeur : « Tu veux parler simple/ quand/ entre les mots jetés en pâture/ à la rumeur/ dans ceux qu’on lance/ avec effroi » ne resterait à la voix que le manque de mots… Et si « seule demeure/ la musique/ pour rythmer l’âme/ et ce qui passe le poème/ infiniment/ dans le poème », alors comment entendre le chant de cette survivante du génocide rwandais que cite Barnaud page 59 ? Á quoi le poème est-il alors fidèle et que perpétue-t-il, dans l’utopie qu’il tend encore devant lui-même ? Telles sont les questions que soulève la poésie de Barnaud. « Colomb/ lui/ n’en pouvait plus/ des fleuves qui se donnaient/ encore et encore (…)/Mille langues/ il disait/ n’y suffiraient/ ni ma main pour l’écrire », l’écriture reste ce qui n’est pas donné, ni voulu, mais arraché à l’existence de tout prodige.

Venant le jour de Jean-Marie Barnaud
Cheyne éditeur, 92 pages, 13,50

Cap à l’autre Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°57 , octobre 2004.
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