La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie La nuit remue

mai 2003 | Le Matricule des Anges n°44 | par Emmanuel Laugier

Pâle si la nuit

Mikaël Hautchamp écrit comme on marche. Comme si les mots heurtés de sa prose, cadencés, comme à bout d’eux-mêmes, révélaient la difficulté qu’il y a, parfois, de mettre un pied devant l’autre. Il faut partir avec Pâle si la nuit, dans l’hypothèse même de son titre, avec l’idée qu’un corps y loge et tâche de sortir de l’épuisement. Il n’est pas d’ailleurs innocent que l’on pense, à quelques reprises, à Samuel Beckett, à Pour finir, ou Bing, par exemple. Jean-Marie Barnaud, qui préface ce volume, et à qui l’on devait aussi la publication du premier livre de Nathalie Quintane (Remarques), écrit justement qu’en ces pages les « lacunes consenties d’une écriture -ellipses, effacement des verbes en particulier, rythme syncopé- témoigne(nt) de l’aporie à quoi nous sommes réduits dès que nous refusons le confort des abris précaires que la société et la culture édifient. » Pâle si la nuit se confronte à l’expérience impossible du réel, sa langue est ce moment où il fuit, échappe,
se dérobe : « Rumeur ancienne de laisse lavée. Rumeur assouplie de volutes. Couchée. Basse rumeur de laisse morte. De laisse basse revenue. Récurrente. Rumeur ancienne sans raison.// Glace en écho. Glace accolée collant les mots. Glace nouvelle en écho du même. Même laisse. Même écho ». La spécificité de la prose de Hautchamp, c’est qu’elle est tendue comme un vers se coupe. Elle contient dans sa phrase une rythmicité nerveuse. C’est une forme de touche que ce rythme-là, un touché spécial qu’a la phrase au moment où elle butte sur sa quasi-impossibilité à se formuler. Ce livre, presque de méditations, est ainsi conscient du leurre de l’écriture. C’est pourquoi il lui aura fallu faire descendre l’expérience du langage bavard au fond, dans l’entre-deux de la veille et du rêve, dans des histoires de nuit, là où il n’y a plus de mots clairs. Et faire remonter dans les mots ce que cette nuit-là éclaire néanmoins : « Vite voix vers le noir. Force vite à la trappe. Force vite égarée. Sans raison. Perdue. Force folle sans raison et la danse.// Vite sauvée qui tourne. Lumière entourée qui tourne ». Né en 1975, Mikaël Hautchamp, dans ce premier livre revigorant, a fait remuer la nuit.

PÂle si la nuit
MikaEl Hautchamp
Cheyne - 60 pages, 13,50

La nuit remue Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°44 , mai 2003.
LMDA PDF n°44
4.00 €