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Dossier La littérature nous sauvera
Inventer dans un monde abîmé

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200 | par Blandine Rinkel

Comment les textes peuvent-ils nous aider à comprendre les formes de la vie ? Spécialiste de littérature française, Marielle Macé publie des essais poétiques et politiques sur ce que peut vouloir dire vivre autrement.

La littérature nous sauvera

Ce qui est le plus frappant, quand on parle avec Marielle Macé, c’est sans doute cette manière qu’elle a de se concentrer sur chaque mot et d’adresser son regard aux mots lancés comme si elle tenait à s’effacer pour les laisser, eux, apparaître. Comme si les phrases étaient vivantes et qu’elle s’efforçait d’en respecter la vie. Bien qualifier la vie, les différentes formes de la vie, c’est l’enjeu du travail qu’elle mène depuis une quinzaine d’années dans des essais de plus en plus fins et actuels (Styles  ; Sidérer, considérer ; Nos cabanes), mais aussi dans les séminaires qu’elle propose à l’EHESS ou, récemment, à la Maison de la poésie de Paris. Des séminaires concentrés, fervents, et toujours en prise avec le présent. Des rendez-vous sincères, où s’accroît ce qui vit.

Marielle Macé, votre spécificité est sans doute d’être à la jonction des sciences sociales et littéraires. Plus précisément, vous entendez faire de la poésie un allié pour élargir l’anthropologie. Quel parcours vous a menée à ça ?
Oui, j’utilise beaucoup ce mot-là : « allié ». Je crois, j’espère, qu’il y a des textes qui nous arment, qui nous équipent, pour habiter notre société et pour être présents aux luttes de notre temps ; notamment pour reprendre la main sur la description du réel, du réel qui compte, pour ne pas se laisser confisquer cette description.
J’ai commencé par un travail sur « l’essai », c’est-à-dire sur ces œuvres qui se situent au carrefour entre la littérature et la pensée (celles de Valéry, Benjamin, Bataille, Barthes, Pasolini, Michaux, aujourd’hui Jean-Christophe Bailly, Olivier Cadiot, Nathalie Quintane…). L’essai, c’est l’engagement de la pensée dans la forme, mais aussi l’engagement de la vie dans la pensée. Et ce premier travail a décidé pour moi, une fois pour toutes, d’un lieu où me tenir : celui où l’écriture (les décisions de forme, les « manœuvres de langage » disait Valéry), est notre instrument fouisseur, notre moyen pour saisir le réel, le qualifier le mieux possible, mais aussi l’imaginer autre, réclamer qu’il se transforme – le décrire en tant que justement on peut le transformer, en y cherchant des points d’échappée, des points d’émancipation à intensifier, à reconnecter entre eux. Quand Pasolini écrit son essai sur la « disparition des lucioles », il fait ces deux choses : il décrit (avec une force de voyance merveilleuse) un état social et économique de l’Italie d’après-guerre, gagnée par les valeurs du capitalisme, et il fait en même temps lever un désir de liberté, une sorte de clameur, toute concentrée dans l’attention qu’il porte à la lueur frêle mais très vivante de ces petits insectes qui ont presque entièrement disparu du paysage ; cette image est inoubliable, elle a eu la force de circuler, elle vient à point nommé aujourd’hui pour dire nos circonstances – nos précarités, nos inquiétudes, les extinctions qui marquent notre époque.

Cette double tâche – qualifier, imaginer –, c’est ce que...

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