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Dossier La littérature nous sauvera
Rosie Carpe de Marie NDiaye par Chloé Brendlé

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Mais elle n’avait cessé de croire que son frère Lazare serait là pour les voir arriver, elle et Titi, que Lazare, frère aîné, aurait le bon goût de lui épargner l’attente inquiète et légèrement humiliante parmi la foule de vacanciers que des hôtes rétribués, eux, venaient chercher (…) ».
À reculons, c’est ainsi que j’ai lu les premières pages de ce livre. Relu plutôt, maintes fois, car le faux départ des personnages atterrissant sur le tarmac de Basse-Terre (Guadeloupe), la feintise de cette première phrase qui freine des quatre fers (ce « mais » qui ne relie à rien mais dit « Attention, embarras… ») freinent et titillent le désir du lecteur. Émerge alors des souvenirs confits de l’enfance (campagne, arbres de Judée, chaises longues et armoires interdites – temps suspendu) l’image du livre inatteignable. Hors de portée de main, poussière et sulfure, premières phrases incompréhensibles. En vrac : Un amour de Swann (le tortillon de sa syntaxe « Pour faire partie du “petit noyau”, du “petit groupe”, du “petit clan” des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire » – mais comment diable retomber sur ses pattes ?), Un bébé pour Rosemary et sa couverture inquiétante, Le Mythe de Sisyphe en vieille robe noire élimée. On aime se souvenir de l’époque de nos grandes découvertes, celles qui ont fixé notre imaginaire, donné un cap à nos goûts ; lectures voraces et orgie d’aventures, de Roald Dahl au Comte de Monte-Cristo, puis tout Le Clézio, temps aussi où l’on ne trie rien, où Didier van Cauwelaert fait la nique à Nabokov. C’est d’un autre type de lecture dont j’aimerais parler. Rares. Qui ne nous « happent » pas mais nous enlisent. Font du surplace pendant qu’insidieusement quelque chose en nous se fissure. Crac !
Je me souviendrai de 2001 ; c’est l’année de Mulholland Drive de David Lynch ; c’est aussi l’année de Rosie Carpe de Marie NDiaye. Je les ai découverts plus tard, tous les deux, plus ou moins en même temps. Tous les deux distordent la réalité en faisant vaciller l’identité d’un personnage. Ce qu’il y a d’extraordinaire chez NDiaye, c’est qu’elle n’a même pas besoin de nous faire croire à un paradis californien. On est dans la mouise, d’emblée, et l’on ne verra en guise de paysage que les bas-côtés, des cabanes en parpaing, des vaches rousses écrasées, un complexe hôtelier en déshérence, une Toyota pour tout refuge, un gommier qui sent le pourri. On respirera des buis dans la banlieue parisienne, un magnolia ouateux dans Brive pas du tout gaillarde. On suivra Rosie, pleine de disgrâce, même pas sympathique, apathique, traînant son enfant, son ventre, sa solitude après elle dans tous les coins de France. Des adjectifs qui vont clopin-clopant en nombre impair, trois ou cinq, et quelques coups de cisaille dans la tête : un frère blanc qui pourrait s’être réincarné en Noir, un fils qui fait penser aux mugissements d’un bœuf, « Hello, maman », du poison à rat, la langue d’une vieille croisiériste dans l’oreille,...

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