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Dossier La littérature nous sauvera
L’Acacia de Claude Simon par Thierry Cecille

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Cette année-là, professeur dans le vénérable lycée Saint-Benoît d’Istanbul, je ne travaillais pas le jeudi et, vers deux heures de l’après-midi, j’allais chercher mon fils, qui avait alors 3 ans, à la sortie de son école – puis nous partions dans de longues promenades à travers la ville, grouillante et démesurée, splendide et épuisante. J’emportais toujours avec moi un livre dans un sac à dos contenant, bien sûr, son goûter et quelques jouets : c’était, cet après-midi, L’Acacia de Claude Simon, qu’une amie venait de m’offrir. Savourant par avance le plaisir ainsi promis, j’avais décidé, comme pour ménager à cette découverte un cadre propice, que nous nous rendrions en un lieu retiré, excentré, où nous avions nos habitudes : la cour centrale de la Selimiye, la mosquée de Selim, tout au fond de la Corne d’or, où nous parvenions en traversant ce qui demeuraient encore debout des quartiers autrefois juifs et grecs. Mon fils, des heures durant, pouvait, sans se lasser, s’amuser à y courir en tous sens, à s’éclabousser à la fontaine aux ablutions, à jouer à cache-cache entre les colonnes, à faire mine de rentrer dans la mosquée. Quant à moi, je m’asseyais et, tout en gardant sur lui un œil tendrement attentif, me plongeais dans la lecture.
Ce fut en effet ce jour-là, plus encore qu’à l’ordinaire, une plongée fascinée, un térébrant voyage dans ce monde que déployaient les lignes et les pages du roman – et alors s’inscrivirent dans ma mémoire, comme sur un écran double, les scènes que j’imaginais à les lire et les allées et venues de mon fils autour de moi. Les phrases de Simon, tortueuses, plus labyrinthiques encore que celles de Proust mais aussi plus sensuelles souvent, tissaient le tissu même de l’Histoire avec les fils des destins individuels qui forment, peu à peu, la trame des époques. Les personnages, successivement, venaient prendre place à mes côtés : l’officier somnambulique et automate qui ne parvenait plus à se repérer dans le paysage printanier mais effrayant de la débâcle, les trois femmes qui, près de trente ans plus tôt, parcouraient, elles aussi, les champs de bataille de la guerre précédente, la veuve et mère, haute et hautaine au départ puis rapetissée, disparaissant dans la maladie jusqu’à n’être plus qu’un squelette avant même le caveau…
Je découvrais un roman qui n’en était pas un, qui n’offrait pas l’habituel entrelacs bien mesuré de trajectoires linéaires, agrémentant les scènes qui permettent aux personnages de dialoguer – à grand renfort de dit-il, répondit-elle, s’exclama-t-il – de descriptions elles aussi bien dosées. J’étais ici emporté dans une sorte de flux, de flot, qu’un narrateur à la fois méticuleux et violent, attentif et indigné, semblait inventer à mesure, comme si lui-même découvrait ce qu’il mettait en phrases, en un patient travail de recomposition de la mémoire, de résurrection de tout ce qui compose une vie d’homme – d’un homme quelconque, sans qualités mais semblable à nous.
Et...

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