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Dossier La littérature nous sauvera
Bois sec bois vert de Charles-Albert Cingria par Richard Blin

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Il n’y a pas de « livre fondateur » mais, de temps à autre, comme une épiphanie, un grand remuement d’impatience affamée qui vous colle à un livre. Une commotion galvanique, une foutue décharge qui embrase vos plus voluptueuses déraisons de lire, et qui a cette propriété de vous donner d’un coup tout ce que vous pouvez attendre de la littérature. Il en fut ainsi, par exemple, avec Bois sec bois vert, un recueil de textes de Charles-Albert Cingria. D’emblée une liberté de ton, une façon de rendre justice aux petites choses, de mêler l’esprit d’enfance à une érudition de plaisir et d’humeur, subjuguent. Au long des dix textes que rassemble le livre – des textes prolifiques et désinvoltes, sans vrai projet, tout en incidences et digressions –, c’est à une tentative d’abolir la distance entre l’acte de vivre et celui d’écrire que nous assistons. D’une écriture allègre, prenant tantôt plaisir à accoupler des phrases brèves et acérées comme un haïku à des phrases au serpentement sans fin, tantôt choisissant de courir en cascades de phrases étourdissantes dont souvent aucune signification globale ne se dégage, Cingria restitue la présence et les mouvances du réel. Unique est sa façon de donner à éprouver l’espace et la durée, de cerner la saveur d’un lieu, de faire sentir l’infini qu’il peut y avoir dans un instant. Qu’il soit sur les bords de la Loire, à Rome ou dans un train, il n’est qu’attention à ce qui est là, à la perpétuelle nouveauté du réel, à sa fluidité, à ses incessantes vibrations. Captant des échos, saisissant des harmoniques, jouant du changement d’échelle, imbriquant l’ici dans l’ailleurs, Cingria peut voir – et nous avec lui – un évêque éthiopien dans un berger, nous enivrer de l’odeur « orgiaquement poétique » des roseaux ou mettre à nu ce qu’a de mérovingien ou d’assyrien un paysage. Une esthétique de la surprise portée par une truculence baroque, une succulence verbale qui reconduisent toujours à la présence vivante, évidente des choses, à la vie vécue comme un perpétuel miracle : le soleil, la pluie, un pigeon. « C’est violet violent un pigeon ; c’est rose tendre cendré ; c’est arsenical et adipeux dans une mendicité qui n’a pas de terme, ni aucun remerciement – cela je l’espère bien. » Que demander de plus à la littérature que cette forme de subjectivité fécondante qui n’est qu’invitation à l’étonnement, leçon de liberté intérieure, initiation à l’expérience d’un temps autre, réversible, extensible ?
Ce champ d’expériences et de délivrance qu’est la littérature, cette façon qu’elle a de nous aider à nous réapproprier notre propre énigme à travers le rapport risqué à autrui, un autre livre par son faste verbal, sa force native, sa jubilation créatrice nous en a révélé la substance. Il s’agit de La Lisière, de Patrick Grainville, un prolixe, un baroque, un obsédé textuel qui, dans ce livre au lyrisme suffocant, rend tangible toute l’aventure d’écrire comme tout ce que peut avoir de bizarre et de monstrueux l’amour des...

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