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Dossier La littérature nous sauvera
Austerlitz de W.G. Sebald par Christine Plantec

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Un livre fondateur ? Problème n°1 : extraire de sa bibliothèque un livre. Problème n°2 : s’en tenir au difficile (Nietzsche) m’étais-je dit en souriant, le volume de poche grassement souligné d’Austerlitz de Sebald entre les mains. Problème n°3 : dire pourquoi ce livre-là, alors qu’en l’espèce c’était non pas à des mots mais à un état du corps que le livre renvoyait. Une chaude langueur doublée d’une concentration extrême. Et cette phrase de Plotin m’était revenue à la minute : « Celui qui lit n’a pas nécessairement conscience qu’il lit, surtout s’il lit avec attention. »
C’est précisément cette phrase qui me donna le courage et la manière d’y aller. Délicatement approcher le récit de Jacques Austerlitz comme de la main s’approcher d’une phalène afin que cesse le bruit mat et répété de son abdomen contre la vitre. Témoigner de l’histoire de Jacques n’était possible qu’à la condition de renoncer à la complexité vertigineuse de l’ouvrage ou, inversement, à avancer en entomologiste tatillonne dans les méandres de sa mécanique textuelle ! L’oblique comme méthode, donc.
C’est d’une presque traite et dans un état d’urgence que j’ai lu cet ultime texte de l’écrivain allemand. C’était il y a dix ans. Conçu comme un piège, le livre est un récit enchâssé dont les emboîtements se multiplient à mesure que le roman avance. Un narrateur anonyme (dont j’ai la certitude que comme l’auteur il porte lunettes et moustache) raconte l’histoire d’Austerlitz rencontré à la gare d’Anvers en 1967. Sur trois décennies, les deux hommes se retrouvent, toujours par hasard et avec cette même évidence des retrouvailles. Leurs dialogues nourris de réflexions personnelles, de souvenirs et d’expériences concrètes donnent au texte une densité et une vivacité remarquables. C’est d’ailleurs ainsi que le narrateur décrit son interlocuteur : « J’ai d’emblée été étonné de la façon dont Austerlitz élaborait ses pensées en parlant, de voir comment à partir d’éléments en quelque sorte épars il parvenait à développer les phrases les plus équilibrées, comment, en transmettant oralement ses savoirs, il développait pas à pas une sorte de métaphysique de l’histoire et redonnait vie à la matière du souvenir ».
Or ce portrait dit exactement la manière dont le livre se déploie : construit comme une enquête visant à remonter aux sources oubliées ou effacées de l’enfance, Sebald y démontre empiriquement comment l’analogie, la synchronicité, comment l’aléatoire permettent d’appréhender le réel et l’angle mort de la grande Histoire. Austerlitz, historien de l’art et photographe amateur, est un déraciné, un mélancolique, un Bartleby prolixe construit sur un secret et dont la vie ne tient qu’à la faveur d’une errance systématique et d’une érudition obsessionnelle (cette manie de la collecte d’un Walter Benjamin ou d’un Aby Warburg, deux autres figures de l’errance…). Je ne vous dis pas si Austerlitz parviendra, par-delà l’enchevêtrement des causes et les pièges de la mémoire, à...

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