La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier La littérature nous sauvera
Le Bateau-usine de Kobayashi Takiji par Franck Mannoni

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Il est des romans qui ouvrent l’esprit. Le récit du Japonais Kobayashi Takiji (1903-1933) possède cette force. Dans cette odyssée ouvrière où tout est sueur et fumée âcre, le navire Hakkô-maru quitte les eaux nippones pour une campagne de pêche près du Kamchatka. À bord, des paysans-pêcheurs qui ont cédé aux lumières de la ville avant de s’en mordre les doigts, des rescapés des mines de charbon qui ont survécu aux coups de grisou et des adolescents, presque des enfants. Tous sont soumis à la férule de l’intendant, qui appuie sur la fibre patriotique pour motiver ce sous-prolétariat en guenilles. S’ils ne succombent pas aux tempêtes ou à la fatigue, ils sont emportés par le béribéri : « Tout ce corps couvert d’écailles de crasse faisait penser au tronc d’un pin abattu ». Mais trop de souffrance finit par semer la rébellion chez les manouvriers. Roman réaliste, Le Bateau-usine s’intéresse avant tout à l’humain. Il dénonce l’injustice binaire qui sacrifie les pauvres au bien-être des riches, ces derniers possédant tous pouvoirs sur les classes inférieures de la société. Cette charge littéraire m’a cueilli sur les rares idées que j’avais du Japon estampillé années 1920. Non, l’empire du Soleil-Levant n’est pas resté enkysté dans l’ère féodale et ses samouraïs. L’occidentalisation du pays, relancée depuis la fin du XIXe siècle sous l’ère Meiji, a aussi transformé la politique et l’économie. Inspirée de coupures de presse et de témoignages de marins, cette sombre histoire de torture au travail résonne avec les pires heures de l’ère industrielle européenne. Ce plaidoyer dénonce avant l’heure une forme délétère de mondialisation. À tel point que la question de la répression des idées surgit. Arrêté en 1933 par la police politique de son pays, Takiji meurt sous les coups le jour même ; un crime dénoncé en France par l’écrivain Romain Rolland. La vie et l’œuvre de l’auteur se confondent, les époques s’entrechoquent, le propos tend vers l’universel. J’y ai vu toute la noblesse de la littérature concentrée en un seul ouvrage. Une claque interculturelle.
* Traduit du japonais par Évelyne Lesigne-Audoly, Yago, 2010 ; Allia, 2015

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°200
7.00 €
LMDA PDF n°200
4.00 €