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Dossier La littérature nous sauvera
Nocturne du Chili de Roberto Bolaño par Dominique Aussenac

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Si la lecture des deux premiers ouvrages de Roberto Bolaño, Étoile distante et Nocturne du Chili publiés en 2002 n’a certes pas changé ma vie, elle m’a cependant infligé une immense torgnole. M’a ému, brûlé, dérangé, réveillé, amusé, atterré, au plus haut par une écriture et une vigueur nouvelle !
Une comète issue de Latine Amérique zébrait la Galaxie Gutenberg ! D’une érudition inouïe, rebelle, iconoclaste, réinventant la quête rimbaldienne, le rêve Beat, fracassant la narration, je venais de l’apercevoir ! Sidérante, métaphysique, crue, postmoderne, elle procurait une joie intense tout en évoquant les relations ambiguës entre l’art et le mal, le fascisme et la littérature. Ainsi Étoile distante relatait les sinistres agissements d’un ange blond, Carlos Wieder, nervi de la dictature chilienne, qui maquille ses crimes en décors macabres et finit poète officiel. Tandis que Nocturne du Chili décrivait l’agonie du Père Icabache, éminent critique littéraire, zélateur et professeur de marxisme (sic) de Pinochet. Revoyant son passé et ses horreurs, une tempête de merde se déchaîne. La morgue, la toute-puissance, la violence jusqu’au sadisme jubilatoire de ces êtres interrogeaient. Complaisant, Bolaño ? Plutôt voyant à la lucidité exacerbée ! Il affirme la pérennité du mal et l’impunité des tortionnaires, ne décrit pas des brutes épaisses passées du côté de la barbarie, mais des êtres raffinés, pétris de culture et de valeurs chrétiennes. Il fut, lui-même, emprisonné huit jours pour terrorisme, s’échappe grâce à deux camarades de lycée qui gardent la prison. Ce qui fit beaucoup ricaner Luis Sepúlveda à qui je demandais ce qu’il pensait de Bolaño, qu’il considérait comme un freluquet arriviste insupportable. Lui, avait échappé à la mort, condamné à vingt-huit ans d’emprisonnement et torturé.
Chien fou, turbulent, arrogant, gauchiste, fondateur du mouvement infra-réaliste, fumeur, insomniaque, Bolaño adorait mettre le oaï, le scandale dans des conférences, conspuer les écrivains installés. Sa vie tient du roman, forme à laquelle il s’est mis tardivement, vers la quarantaine, en grande partie, à des fins alimentaires. Né en 1953 à Santiago du Chili d’un chauffeur de camion, boxeur et d’une mère enseignante, sa vie sera errante (Mexique, Salvador, Afrique, Espagne, Europe) et assez marginale. Il portera en lui le souvenir de l’enfant qu’il a été, chétif, myope et dyslexique, plongé dans les livres, isolé, moqué par ses camarades. Mais avec superbe développera un ego, une voix, se démultipliant en une multitude d’hétéronymes. Arturo Belano ou Roberto Rimbaldo ? Poète avant tout !
Tout est bon chez lui. De ses romans comme de sa poésie, j’ai apprécié les images, à la prégnance nucléaire. Celle du sable qui recouvre, efface et préserve tout et dont la fluidité mystifie comme dans cette quête poétique des Détectives sauvages, clochards célestes qui foncent à bord d’une Impala au milieu du désert. Troisième Reich, où il est question d’une...

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