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Dossier La littérature nous sauvera
R. de Céline Minard par Eric Dussert

février 2019 | Le Matricule des Anges n°200

La littérature nous sauvera

Depuis vingt ans, il y a eu sans conteste pour moi le moment Minard. En 2004, alerté par Dominique Poncet, extraordinaire lecteur des friches et des sommets, grand manitou de La Main de Singe, j’avais déjà eu l’occasion de lire les écrits d’une femme que je ne connaissais pas encore autrement que par le truchement de la maison précitée : ç’avait été d’abord l’ambitieux « manuscrit cheyenne », abandonné sous sa forme initiale, puis un volume à la couverture verte, conçue par la jeune Fanette Mellier, espoir du graphisme régulièrement saluée depuis lors. Ce vert, légèrement dégradé et conduit vers un ton plus sombre comme si un nuage de pluie s’annonçait, avait alors à la vitrine de l’édition une allure peu commune. Voilà que Céline Minard arrivait à grandes enjambées, soutenue par la seule initiale d’un nom : R.
J’avais bien lu le Z de Vassilis Vassilikos et l’є de Jacques Roubaud, je n’en étais pas moins surpris. D’une fermeté assez estomaquante pour un premier livre. R. ou les marches solitaires du petit-neveu de Rousseau en terres dauphinoises avait de quoi réjouir et enthousiasmer. D’abord parce que le roman, genre parfois sinueux ou flâneur arborait ici un tour grandement énergique. Ça n’était pas une virée dominicale sur les grands boulevards par un pâle esthète et bureaucrate parisien, c’était le trimard d’un marcheur. Diablement équipée de lectures et d’un esprit ludique, Céline Minard avait organisé en démiurge – ce qu’elle assume toujours très bien – une visite en pays d’ « incroyables lanterneries (…) certainement pas (…) du goût de nos professeurs, quoique soigneusement adaptées des anciens ». Son personnage, Ambroise Rousseau de Markôn, jeune homme sans occupation, avait décidé de suivre les traces de Rousseau, « celui qui avait marché » entre Annecy, Chambéry, Soleure et Paris sans laisser le récit de son ambulation désormais historique. Nommé aussi « le mieux loti des vagabonds » avec sa tente du Vieux Campeur – l’anachronisme est très bien assumé aussi – et ses barres Ovomaltine, « cette chose délicieuse entre toutes » – R. dit le sens de l’organisation de Céline Minard, quasi obsessionnel. Il a choisi le GR 96, un chemin de grande randonnée dont la romancière a retrouvé le tracé sur des cartes du XVIIe siècle conservées par l’IGN. Il est bien le descendant de Rousseau. Ses « rêveries esseulées » sont ponctuées de rares coups du sort et de délicieuses rencontres. Au détour d’un lacet, il vibre de poésie. On dirait Thoreau ou mieux encore l’Obermann de Senancour. Dire qu’on nage en plein bonheur peut paraître maladroit car R marche : il progresse entre souffrances et exaltations.
Bien sûr, R. est un merveilleux éloge de la marche. L’esprit de C.-A. Cingria aurait pu veiller sur ce texte, quand bien même l’Helvète appréciait d’abord la bicyclette. À l’évidence, les mânes de l’arpenteur Arno Schmidt survolent eux aussi ce roman crapahuteur. Rien des anachronismes mesurés et joliment amusants ne les effraiera. Et le...

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