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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • L’âne et l’homme, l’homme et l’âne ? Dans Orlando furioso, poème épique et chef-d’œuvre du XVIe siècle italien, l’Arioste fait porter l’âne sur le dos de son héros, fou de jalousie et d’errance. Héritier des artistes de la Renaissance, musicien, peintre, dessinateur, écrivain, Fabio Viscogliosi, lui, a choisi de l’incarner. Malgré la mauvaise réputation de l’animal, il lui confère une ligne claire, souple, élégante, si bien qu’artiste et bête en sont métamorphosés, même si tous d’eux ont toujours l’errance et la fuite en commun. « J’ai lu un jour que le tout premier graffiti connu est celui d’un homme à tête (...)

    Fabio Viscogliosi

  • Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais son œuvre ne nous est (...)

    André Dhôtel

  • Au nom de Philippe Jaccottet certains associent immédiatement l’image d’un poète de la simple transparence, ou de la transparente simplicité. Si ce n’est pas tout à fait faux, c’est évidemment réducteur. Car « l’évidence du simple », comme Jean-Claude Mathieu l’a montré dans sa somme (Corti, 2003) sur l’auteur de L’Effraie (1953), s’éclaire toujours, en un paradoxe saisissant, de « l’éclat de l’obscur ». De la forme de ce chiasme il y a assez, et bien d’avantage encore, pour s’introduire dans l’histoire généalogique de l’écriture de Philippe Jaccottet, dans son « inclination formative », pour reprendre une (...)

    Philippe Jaccottet

  • En proposant une nouvelle traduction de son premier livre, les éditions de La Table ronde affirment leur fidélité à l’écrivain Eduardo Halfon, une des plus grandes révélations de ces quinze dernières années. Eduardo Halfon est né au moins deux fois (et mort une fois pour le moment). Nous l’avions rencontré en 2011, invité par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire au moment de la parution de Saturne à la MEET, dans une traduction de Françoise Garnier. Ou peut-être croyons-nous l’avoir rencontré au festival que la MEET organise chaque automne au sein de la base sous-marine de (...)

    Eduardo Halfon

  • Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant le féminin et tous les stéréotypes qui lui sont associés, sa poésie en pointe les vérités insues, en interroge le rapport au narcissisme comme à l’objet du désir. Saturée d’impalpable et de magnétisme, elle est tissée (...)

    Sandra Moussempès

Notre sélection

Domaine français Shane Haddad

Aimez Gil Editions POL
2024
Le deuxième livre de Shane Haddad raconte l’errance estivale d’un trio de jeunes gens. Intime et arrimé à son époque. Quelle maîtrise, quelle fraîcheur, dans ce roman d’une génération, les filles et les garçons qui ont 25 ans aujourd’hui et voient le monde partir en lambeaux. Shane Haddad – qui a à peine deux ou trois ans de plus – a publié son premier livre il y a trois ans. Toni tout court racontait la journée de Toni, 20 ans. Son jour d’anniversaire, où, surtout, elle se préparait à assister à un match de...
Anne Kiesel
septembre 2024
Le Matricule des Anges n°256

Domaine étranger Andrés Barba

Le Dernier Jour de la vie antérieure Editions Christian Bourgois Editeur
2024
Par un roman fantôme initiatique tout en clair-obscur, l’écrivain espagnol semble s’apaiser, mais le trouble persiste, brûlant. La figure de l’agent immobilier hante nos télés, parfois jusqu’à la nausée. Il est plus que salutaire de stigmatiser impudeur, mercantilisme, bagout, vulgarité de ces marchands de biens. Pourtant ce même agent pourrait être perçu comme un être psychopompe qui accueille les vivants, accompagne les morts, sorte de Charon, d’Hermès, d’Orphée. L’appartement, la maison, faisant office de sas, de...
Dominique Aussenac
novembre 2024
Le Matricule des Anges n°258

Poésie Pascale Cabrolier

La Prise du bus et 50 fois l’île du ramier vers Seveso Editions Isabelle Sauvage
2024
Pour dire d’autres vies que les nôtres, il peut être nécessaire d’inventer une autre manière de raconter : Pascale Cabrolier s’y essaie – et y parvient. L’impératif premier, pour raconter efficacement une tragédie, serait-il d’en revenir à la classique règle des trois unités ? Unité de lieu : un bus qui, à Toulouse, conduit la narratrice, devine-t-on, sur son lieu de travail, aller et retour, et traverse donc des espaces divers et hétérogènes, dont l’île du Ramier. Unité de temps : la durée du parcours lui permet, l’oblige même, lorsque la...
Thierry Cecille
février 2025
Le Matricule des Anges n°260

Théâtre Caroline Guiela Nguyen

Lacrima Editions Actes Sud-Papiers
2024
Avec la confection d’une robe sublime, Caroline Guiela Nguyen montre l’envers du monde de la haute couture. Il était une fois une princesse anglaise qui allait se marier en 2025 et souhaitait pour l’occasion une robe inoubliable. Le démarrage de Lacrima pourrait ressembler à un conte de fées. Mais cette princesse n’apparaîtra pas dans la pièce, nous entendrons juste sa voix nous raconter les choix de la couronne d’Angleterre concernant la tenue du mariage. Ceux que nous allons suivre, c’est la...
Laurence Cazaux
septembre 2024
Le Matricule des Anges n°256

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