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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant le féminin et tous les stéréotypes qui lui sont associés, sa poésie en pointe les vérités insues, en interroge le rapport au narcissisme comme à l’objet du désir. Saturée d’impalpable et de magnétisme, elle est tissée (...)

    Sandra Moussempès

  • En septembre 2016 Le Matricule des Anges consacrait son dossier de rentrée à l’œuvre d’Éric Vuillard qui faisait paraître 14 Juillet (Actes Sud) dans lequel il redonnait à la rue la paternité de la Révolution. Un an plus tard, paraissait L’Ordre du jour, formidable récit sur le soutien apporté à Hitler par les industriels et financiers allemands. Un livre prémonitoire au regard de la situation actuelle qui lui a valu le prix Goncourt 2017. Cette année-là les jurés avaient su récompenser une écriture de grande tenue portée par une pensée exigeante. Depuis, deux autres titres ont paru, La Guerre des pauvres (...)

    Éric Vuillard

  • Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais son œuvre ne nous est (...)

    André Dhôtel

  • Le 18 mars 1993, nous recevions les jeunes éditions Tristram dans les locaux parisiens du Matricule des Anges, un appartement que nous avions en colocation. Les lasagnes refroidissaient sur un coin de table au moment même où Antoine Kombouaré inscrivait à la 96e minute le but qui éliminait le grand Real et qualifiait le PSG. Un moment historique comme les aime Jean-Hubert Gailliot, propre à tisser un récit mythologique pouvant rassembler autour de lui des personnages venus de différents horizons. Mais ce soir de mars 93, c’est en compagnie de Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot fondateurs de (...)

    Jean-Hubert Gailliot

  • Sergi Pàmies avait fixé notre rendez-vous au bar-restaurant El Velodromo au centre de Barcelone, rue Ramon Muntaner, à 13 h, ajoutant qu’on ne pouvait pas réserver et qu’il y serait donc un quart d’heure plus tôt. Une précision qui, quand on a lu ses livres, semble des plus naturelles. Il écrit dans une de ses chroniques qu’il préfère toujours être celui qui attend, que celui qui fait attendre. Une forme de politesse mâtinée d’un peu d’inquiétude chronique : arriver en avance pour ne pas risquer, par un coup du sort, être en retard. Dès l’entrée, nous le reconnaissons, assis sur une banquette de (...)

    Sergi Pàmies

Notre sélection

Domaine français Hervé Guibert

Lettres à Eugène Editions Gallimard
2013
Qu’il s’agisse de la complicité sensuelle et esthétique qui le lia à Eugène Savitzkaya, ou de l’érotisme latent des cires anatomiques, c’est à cœur et à corps ouverts qu’écrivait Hervé Guibert. Seule correspondance dont il ait autorisé l’édition, les Lettres à Eugène Savitzkaya mettent fin à la publication des œuvres inédites posthumes d’Hervé Guibert. Un point final qui, tout en fermant la boucle, renvoie à leur entrée respective en littérature. Nous sommes en 1977, Mentir, le premier roman de Savitzkaya vient de sortir. Guibert le lit, l’aime et l’écrit à l’auteur tout en lui...
Richard Blin
mai 2013
Le Matricule des Anges n°143

Domaine étranger Katharina Hacker

Les Fraises de la mère d’Anton Editions Christian Bourgois Editeur
2011
Au diapason des angoisses de notre époque, le nouveau roman de l’Allemande Katharina Hacker place la perte d’intégrité au cœur de la vie de ses personnages. Les personnages de Katharina Hacker sont des êtres foncièrement proches de nous. Est-ce leurs illusions, leurs faiblesses ou leurs manques ? Profondément ancrés dans notre époque (celle de l’après 11-Septembre), dont ils subissent le rythme, l’angoisse et la loi fondamentale de fragilité, ils endossent l’éclatante vérité de leur désarroi et de leur condition d’êtres « démunis », selon le...
Sophie Deltin
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

Poésie Ito Naga

Ngc 224 Editions Cheyne
2013
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Ito Naga nous invite à parcourir la geste inaugurale d’un homme partant à l’assaut d’une « vérité », chemin faisant. Le titre du troisième opus du poète et astrophysicien Ito Naga, l’auteur de Je sais (Cheyne, 2006), pose d’emblée une distance. NGC 224 ne renvoie, a priori, à rien de connu. Sous le titre de la couverture, une forme irrégulière, impression en relief, semble fonctionner en écho mais dans la mesure où aucune échelle n’est donnée, comment savoir si le motif qu’il donne à voir est du côté de...
Christine Plantec
mai 2013
Le Matricule des Anges n°143

Théâtre Joël Pommerat

Ma chambre froide Editions Actes Sud-Papiers
2011
Dans Ma chambre froide, l’auteur et metteur en scène Joël Pommerat fait de la satire sociale un théâtre d’ombres et de rêves. En mars dernier, les représentations de Ma chambre froide, au théâtre de l’Odéon, étaient complètes en à peine quelques jours. En attendant la reprise en juin prochain et une tournée en 2012, la publication du texte par Actes Sud Papiers vient à point nommé pour permettre à un plus large public de découvrir l’écriture d’un auteur, encore auréolé des prix remportés en 2011. Estelle est une...
Etienne Leterrier-Grimal
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

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