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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais son œuvre ne nous est (...)

    André Dhôtel

  • Sergi Pàmies avait fixé notre rendez-vous au bar-restaurant El Velodromo au centre de Barcelone, rue Ramon Muntaner, à 13 h, ajoutant qu’on ne pouvait pas réserver et qu’il y serait donc un quart d’heure plus tôt. Une précision qui, quand on a lu ses livres, semble des plus naturelles. Il écrit dans une de ses chroniques qu’il préfère toujours être celui qui attend, que celui qui fait attendre. Une forme de politesse mâtinée d’un peu d’inquiétude chronique : arriver en avance pour ne pas risquer, par un coup du sort, être en retard. Dès l’entrée, nous le reconnaissons, assis sur une banquette de (...)

    Sergi Pàmies

  • Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant le féminin et tous les stéréotypes qui lui sont associés, sa poésie en pointe les vérités insues, en interroge le rapport au narcissisme comme à l’objet du désir. Saturée d’impalpable et de magnétisme, elle est tissée (...)

    Sandra Moussempès

  • Le 18 mars 1993, nous recevions les jeunes éditions Tristram dans les locaux parisiens du Matricule des Anges, un appartement que nous avions en colocation. Les lasagnes refroidissaient sur un coin de table au moment même où Antoine Kombouaré inscrivait à la 96e minute le but qui éliminait le grand Real et qualifiait le PSG. Un moment historique comme les aime Jean-Hubert Gailliot, propre à tisser un récit mythologique pouvant rassembler autour de lui des personnages venus de différents horizons. Mais ce soir de mars 93, c’est en compagnie de Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot fondateurs de (...)

    Jean-Hubert Gailliot

  • En septembre 2016 Le Matricule des Anges consacrait son dossier de rentrée à l’œuvre d’Éric Vuillard qui faisait paraître 14 Juillet (Actes Sud) dans lequel il redonnait à la rue la paternité de la Révolution. Un an plus tard, paraissait L’Ordre du jour, formidable récit sur le soutien apporté à Hitler par les industriels et financiers allemands. Un livre prémonitoire au regard de la situation actuelle qui lui a valu le prix Goncourt 2017. Cette année-là les jurés avaient su récompenser une écriture de grande tenue portée par une pensée exigeante. Depuis, deux autres titres ont paru, La Guerre des pauvres (...)

    Éric Vuillard

Notre sélection

Domaine français Grisélidis Réal

Mémoires de l’inachevé (1954-1993) Editions Gallimard
2011
Rebelle à la beauté hautaine, courtisane libertaire, épicurienne raffinée, Grisélidis Réal était aussi écrivain dont voici les Mémoires. Elle était de ces femmes qui illuminent les ténèbres et permettent à certains hommes de ne pas devenir fous de solitude ou d’inhibition, s’appelait Grisélidis – un prénom droit venu d’un conte de Perrault – Réal, et pratiquait la prostitution comme « un Art, un Humanisme et une Science ». C’était une Lionne qui écrivit pour ne pas mourir et pour se perpétuer telle qu’on l’avait aimée,...
Richard Blin
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

Domaine étranger Mauricio Rosencof

El Bataraz Editions Folies d'encre
2011
Comment survivre à la barbarie ? Un éclairage audacieux, aussi délirant que cocasse, de l’Uruguayen Mauricio Rosencof. Dans les années soixante-dix, l’Amérique latine devint un formidable champ de bataille idéologique. Des dictatures d’extrême droite soutenues par les États-Unis livraient un combat sans merci aux organisations de gauche et d’extrême gauche épaulées par le bloc communiste. En Uruguay, les Tupamaros prônant action directe et autogestion ouvrière, défrayèrent la chronique par de spectaculaires...
Dominique Aussenac
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

Poésie Sophie Loizeau

L' Île du renard polaire de To Kirsikka Editions Champ Vallon
2024
S’espacer, se repenser comme une autre, tel est le paysage mental autour duquel s’organise le nouveau livre de Sophie Loizeau. L’extravagance a du bon, surtout avec Sophie Loizeau. Extra-vagans, qui erre au-dehors nous dit l’étymologie, mais, chez Loizeau, cette errance est un mouvement d’élargissement qui tient autant du décentrement que de la divagation. Il a consisté à déplacer le poème « du côté de l’altérité », à se laisser dériver vers un autre espace mental, à sortir du huis clos de son identité pour se...
Richard Blin
juin 2024
Le Matricule des Anges n°254

Théâtre Caroline Guiela Nguyen

Lacrima Editions Actes Sud-Papiers
2024
Avec la confection d’une robe sublime, Caroline Guiela Nguyen montre l’envers du monde de la haute couture. Il était une fois une princesse anglaise qui allait se marier en 2025 et souhaitait pour l’occasion une robe inoubliable. Le démarrage de Lacrima pourrait ressembler à un conte de fées. Mais cette princesse n’apparaîtra pas dans la pièce, nous entendrons juste sa voix nous raconter les choix de la couronne d’Angleterre concernant la tenue du mariage. Ceux que nous allons suivre, c’est la...
Laurence Cazaux
septembre 2024
Le Matricule des Anges n°256

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