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Corpus Auteurs

Gros plan

  • Un exégèse de la fin du troisième millénaire déterminera peut-être un jour ceux qui parmi les différents « je » qui mènent la narration de ses livres se rapportent directement à François Beaune et lesquels à d’autres personnes rencontrées au cours de sa vie. Pour l’heure, on peut mettre le nez dans La Lune dans le puits, sous-titré « histoires vraies de Méditerranée » en quête des « je » en italique, qui, contrat de véracité oblige, donnent quelques fragments biographiques de l’auteur d’Une vie de Gérard en Occident. Pour le reste, le romancier est avare de confessions, pour ce qui concerne ses écrits. Il aime celles (...)

    François Beaune

  • Depuis la parution de Corniche Kennedy, il y a deux ans, son nom s’inscrit au programme de nombreux festivals ou rencontres littéraires. Maylis de Kerangal y apporte le témoignage heureux d’une activité – l’écriture, la littérature – dont l’exploration ne cesse de l’enthousiasmer. Publiée pour la première fois (en tant que romancière), il y a tout juste dix ans, son parcours romanesque ressemble à un jeu d’arcades où chaque parution symboliserait le passage à un niveau supérieur. Accompagnée depuis le début par le même éditeur (Verticales) et rejointe en cours de partie par ses acolytes de la revue (...)

    Maylis de Kerangal

  • Chez Bolaño, le pire n’est jamais sûr. Son œuvre est pleine d’asiles et d’hôpitaux, de lunatiques et de marginaux, d’ombres chinoises inquiétantes. Des putes des poètes des allumés des spadassins des tristes sires : rien qui les distingue, à première vue, des personnages du Gabriel García Márquez des Mémoires de mes putains tristes ou de Cent ans de solitude. L’Amérique latine de Bolaño ressemble pourtant plus à un cauchemar dont ses personnages essaient de se réveiller, qu’à l’utopique et pittoresque Macondo colombien de Márquez où finit toujours par triompher la fureur d’exister. Les romans et les (...)

    Roberto Bolaño

  • Un jeune ethnologue décroche un CDD de trois mois pour réaliser une sorte d’audit sur la cité HLM des Pigeonniers sise dans une Ville Nouvelle. Le quartier est promis à une rénovation dont la première étape sera paradoxalement sa démolition. Charles (c’est le nom de notre héros sans silhouette) est choisi car il est banlieusard, ce qui était une condition nécessaire pour pénétrer l’âme kaléidoscopique des lieux. Le nouveau roman de Charles Robinson nous plonge dans les Cités (il y met une majuscule) aussi vite qu’une noisette de beurre filerait sur une poêle brûlante. La phrase va vite, court d’une vie (...)

    Charles Robinson

  • J’ai découvert Nizan sur le tard, à trente ans passés, dans les années soixante-dix. Stupeur, colère. Ainsi, j’avais pu faire mes études de lettres sans avoir rien lu de Nizan ? Plus tard, commencer d’écrire sans soupçonner l’existence des Chiens de garde, d’Antoine Bloyé ? Belle occultation (…). Rien n’effacerait l’absence de Nizan dans mes années de formation. Il y a des fraternités si fortes qu’on regrette toujours qu’elles n’aient pas commencé plus tôt. Fraternité, non pas complicité ou connivence (…). La fraternité est d’un autre ordre. C’est la rencontre dans quelqu’un d’autre de ses propres (...)

    Paul Nizan

Notre sélection

Domaine français Marcel Moreau

A dos de Dieu Editions Quidam éditeur
2018
Apologie de la démesure, bûcher nihiliste, À dos de Dieu est la « Saison en enfer » de Marcel Moreau. Très judicieuse l’idée de choisir Marcel Moreau pour inaugurer une collection titrée « Les Indociles ». Belge d’origine – né en 1933 mais naturalisé français depuis 1974 – il a l’amour de la démesure, l’ivresse dionysiaque et un goût marqué pour toutes les formes de l’excès : le vin, l’érotisme, la cruauté. Renvoyant dos à dos tous les systèmes et cherchant la vérité dernière de l’être...
Richard Blin
novembre 2018
Le Matricule des Anges n°198

Domaine étranger John Gierach

Sur la tombe du pêcheur inconnu Editions Gallmeister
2018
Dans ce nouveau recueil, John Gierach nous présente une saison de pêche à la mouche. Avec en toile de fond une nature toujours sauvage On ne sait pas trop comment présenter l’Américain John Gierach (né en 1946), tenu pour l’un des meilleurs représentants du nature writing : est-il un écrivain qui pêche, ou un pêcheur qui écrit ? À l’en croire, il serait plutôt un pêcheur, qui écrit quand il ne pêche pas (en gros durant les cinq mois d’hiver), afin de pouvoir pêcher le reste de l’année et rembourser son emprunt immobilier....
Didier Garcia
novembre 2018
Le Matricule des Anges n°198

Poésie Jean-Pascal Dubost

Du travail Editions Atelier contemporain
2019
Deux nouveaux livres de Jean-Pascal Dubost : l’un pour tout nous dire du métier de « scripturie », l’autre pour célébrer l’union charnelle à travers le corps joyeux de la langue. Mais d’où vient votre inspiration ? » Cette question mille fois entendue, Jean-Pascal Dubost a décidé de la prendre à bras-le-corps en montrant ce qu’il en est de la réalité du poète « en état de travail poétique et de faisance ». Contre l’idée platonicienne d’inspiration comme don des dieux – « les bons poètes ne sont pas tels par l’effet d’un art, mais c’est inspirés par le dieu et possédés...
Richard Blin
mai 2019
Le Matricule des Anges n°203

Théâtre Edouard Elvis Bvouma

La Poupée barbue Editions Lansman
2018
Le quotidien d’une enfant-soldat racontée à la première personne par une petite fille très énergique et pleine d’espoir. Une petite fille, « très jeune adolescente », dit l’auteur, raconte ce que fut la guerre. Sa guerre. Sa place d’enfant dans la guerre. De première victime. Une histoire malheureusement ordinaire. Ce récit prend la forme d’un monologue adressé à Boy Killer, le jeune garçon qui, de la même manière, racontait sa guerre à la jeune fille dans A la guerre comme à la Game Boy du même auteur, paru...
Patrick Gay Bellile
avril 2019
Le Matricule des Anges n°202

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