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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais son œuvre ne nous est (...)

    André Dhôtel

  • Sergi Pàmies avait fixé notre rendez-vous au bar-restaurant El Velodromo au centre de Barcelone, rue Ramon Muntaner, à 13 h, ajoutant qu’on ne pouvait pas réserver et qu’il y serait donc un quart d’heure plus tôt. Une précision qui, quand on a lu ses livres, semble des plus naturelles. Il écrit dans une de ses chroniques qu’il préfère toujours être celui qui attend, que celui qui fait attendre. Une forme de politesse mâtinée d’un peu d’inquiétude chronique : arriver en avance pour ne pas risquer, par un coup du sort, être en retard. Dès l’entrée, nous le reconnaissons, assis sur une banquette de (...)

    Sergi Pàmies

  • En septembre 2016 Le Matricule des Anges consacrait son dossier de rentrée à l’œuvre d’Éric Vuillard qui faisait paraître 14 Juillet (Actes Sud) dans lequel il redonnait à la rue la paternité de la Révolution. Un an plus tard, paraissait L’Ordre du jour, formidable récit sur le soutien apporté à Hitler par les industriels et financiers allemands. Un livre prémonitoire au regard de la situation actuelle qui lui a valu le prix Goncourt 2017. Cette année-là les jurés avaient su récompenser une écriture de grande tenue portée par une pensée exigeante. Depuis, deux autres titres ont paru, La Guerre des pauvres (...)

    Éric Vuillard

  • Le 18 mars 1993, nous recevions les jeunes éditions Tristram dans les locaux parisiens du Matricule des Anges, un appartement que nous avions en colocation. Les lasagnes refroidissaient sur un coin de table au moment même où Antoine Kombouaré inscrivait à la 96e minute le but qui éliminait le grand Real et qualifiait le PSG. Un moment historique comme les aime Jean-Hubert Gailliot, propre à tisser un récit mythologique pouvant rassembler autour de lui des personnages venus de différents horizons. Mais ce soir de mars 93, c’est en compagnie de Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot fondateurs de (...)

    Jean-Hubert Gailliot

  • Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant le féminin et tous les stéréotypes qui lui sont associés, sa poésie en pointe les vérités insues, en interroge le rapport au narcissisme comme à l’objet du désir. Saturée d’impalpable et de magnétisme, elle est tissée (...)

    Sandra Moussempès

Notre sélection

Domaine français Hervé Guibert

Lettres à Eugène Editions Gallimard
2013
Qu’il s’agisse de la complicité sensuelle et esthétique qui le lia à Eugène Savitzkaya, ou de l’érotisme latent des cires anatomiques, c’est à cœur et à corps ouverts qu’écrivait Hervé Guibert. Seule correspondance dont il ait autorisé l’édition, les Lettres à Eugène Savitzkaya mettent fin à la publication des œuvres inédites posthumes d’Hervé Guibert. Un point final qui, tout en fermant la boucle, renvoie à leur entrée respective en littérature. Nous sommes en 1977, Mentir, le premier roman de Savitzkaya vient de sortir. Guibert le lit, l’aime et l’écrit à l’auteur tout en lui...
Richard Blin
mai 2013
Le Matricule des Anges n°143

Domaine étranger Wu Ming

L' Invisible partout Editions Métailié
2024
Entre fiction et essai, Wu Ming restitue un nom et une voix à des oublié.es de 14-18. La littérature comme combat et résistance. Wu Ming veut dire « personne » : non pas le nom d’un auteur chinois mais celui d’un collectif bolognais dont les éditions Métailié poursuivent la traduction. Leur nombre fluctue, de cinq à l’origine en 2000 il en reste trois : Roberto Bui, Giovanni Cattabriga, Federico Guglielmi. Leur production est abondante et très suivie en Italie, d’autant que cette entreprise collective a généré la...
Jérôme Delclos
juin 2024
Le Matricule des Anges n°254

Poésie Philippe Forest

Retour à Tokyo Editions Cécile Defaut
2014
Hasard de l’édition ou pas, quatre ouvrages témoignent des dissonances propres à la découverte du pays du Soleil-Levant. On ne comprend bien que ce que l’on sent, et pour sentir les choses, la seule recette est de les vivre. « Ce que c’est qu’un pin, apprends-le du pin » disait Bashô. Ne serait-ce pas la motivation profonde qui a poussé Philippe Forest, Pierre Vinclair, Armelle Leclercq, Vincent Eggericx à séjourner au Japon ? Avec l’espoir aussi d’y trouver une autre respiration du temps et une nouvelle...
Richard Blin
février 2015
Le Matricule des Anges n°160

Théâtre Claudine Galea

Après grand, c’est comment ? Editions Espaces 34
2013
Deux pièces sur la précarité sociale et existentielle, par Claudine Galéa, Grand Prix de littérature dramatique en 2011. Les Invisibles se déroule sur trois années. Ils sont quatre : le Vieux, la Vieille, le Fils et la Fille. Quatre à distribuer les prospectus dans les BAL (Boîtes Aux Lettres) « Aujourd’hui le lot 200 journaux + 186 journaux qui ne sont pas attachés Autre lot 300 + 86 Trois autres 100 + 86 Jour de petite tournée Petite tournée on distribue dans 386 BAL Grosse tournée dans 1600 Ici tout le monde...
Laurence Cazaux
mai 2013
Le Matricule des Anges n°143

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