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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • J’ai découvert Nizan sur le tard, à trente ans passés, dans les années soixante-dix. Stupeur, colère. Ainsi, j’avais pu faire mes études de lettres sans avoir rien lu de Nizan ? Plus tard, commencer d’écrire sans soupçonner l’existence des Chiens de garde, d’Antoine Bloyé ? Belle occultation (…). Rien n’effacerait l’absence de Nizan dans mes années de formation. Il y a des fraternités si fortes qu’on regrette toujours qu’elles n’aient pas commencé plus tôt. Fraternité, non pas complicité ou connivence (…). La fraternité est d’un autre ordre. C’est la rencontre dans quelqu’un d’autre de ses propres (...)

    Paul Nizan

  • Un exégèse de la fin du troisième millénaire déterminera peut-être un jour ceux qui parmi les différents « je » qui mènent la narration de ses livres se rapportent directement à François Beaune et lesquels à d’autres personnes rencontrées au cours de sa vie. Pour l’heure, on peut mettre le nez dans La Lune dans le puits, sous-titré « histoires vraies de Méditerranée » en quête des « je » en italique, qui, contrat de véracité oblige, donnent quelques fragments biographiques de l’auteur d’Une vie de Gérard en Occident. Pour le reste, le romancier est avare de confessions, pour ce qui concerne ses écrits. Il aime celles (...)

    François Beaune

  • Un jeune ethnologue décroche un CDD de trois mois pour réaliser une sorte d’audit sur la cité HLM des Pigeonniers sise dans une Ville Nouvelle. Le quartier est promis à une rénovation dont la première étape sera paradoxalement sa démolition. Charles (c’est le nom de notre héros sans silhouette) est choisi car il est banlieusard, ce qui était une condition nécessaire pour pénétrer l’âme kaléidoscopique des lieux. Le nouveau roman de Charles Robinson nous plonge dans les Cités (il y met une majuscule) aussi vite qu’une noisette de beurre filerait sur une poêle brûlante. La phrase va vite, court d’une vie (...)

    Charles Robinson

  • Chez Bolaño, le pire n’est jamais sûr. Son œuvre est pleine d’asiles et d’hôpitaux, de lunatiques et de marginaux, d’ombres chinoises inquiétantes. Des putes des poètes des allumés des spadassins des tristes sires : rien qui les distingue, à première vue, des personnages du Gabriel García Márquez des Mémoires de mes putains tristes ou de Cent ans de solitude. L’Amérique latine de Bolaño ressemble pourtant plus à un cauchemar dont ses personnages essaient de se réveiller, qu’à l’utopique et pittoresque Macondo colombien de Márquez où finit toujours par triompher la fureur d’exister. Les romans et les (...)

    Roberto Bolaño

  • Depuis la parution de Corniche Kennedy, il y a deux ans, son nom s’inscrit au programme de nombreux festivals ou rencontres littéraires. Maylis de Kerangal y apporte le témoignage heureux d’une activité – l’écriture, la littérature – dont l’exploration ne cesse de l’enthousiasmer. Publiée pour la première fois (en tant que romancière), il y a tout juste dix ans, son parcours romanesque ressemble à un jeu d’arcades où chaque parution symboliserait le passage à un niveau supérieur. Accompagnée depuis le début par le même éditeur (Verticales) et rejointe en cours de partie par ses acolytes de la revue (...)

    Maylis de Kerangal

Notre sélection

Domaine français Sarah Chiche

Les Enténébrés Editions Seuil
2019
Sarah Chiche propose un récit rude et romantique des temps présents – où le sort de nos vies intérieures et celui du monde se révèlent intimement liés. C’est le récit d’une tension. Celui d’une force équivoque, qui agit en écartelant les corps. L’histoire d’une friction entre deux hommes au sein d’une même femme, elle-même tendue entre plusieurs visages, à l’intérieur du XXIe siècle qu’on sait on ne peut plus déchiré. C’est un texte en crise. Tout s’y agite, se contredit et c’est l’orage.  Ce livre advient au dernier chapitre de l’Histoire...
Blandine Rinkel
janvier 2019
Le Matricule des Anges n°199

Domaine étranger James Carlos Blake

Handsome Harry Editions Gallmeister
2019
À travers le portrait d’un hors-la-loi des années 30, James Carlos Blake ajoute une pierre à son œuvre au noir qui retrace la saga du crime aux États-Unis. L‘œuvre de James Carlos Blake est marquée par ses propres origines, ses ascendances familiales et son enfance entre le Texas et le Mexique. Cet espace est le théâtre de ses romans les plus importants, entre western et roman historique, de la fin XIXe siècle au début du XXe. S’il s’inspire de faits et de grandes figures qui traversent l’histoire mouvementée de la frontière américano-mexicaine...
Lionel Destremau
janvier 2019
Le Matricule des Anges n°199

Poésie Sander Ort

Versants d’un portrait Editions Bruit du temps
2018
Livre de peintures et d’écarts, Versants d’un portrait propose une très originale manière d’aller au-devant de la poésie d’André du Bouchet. Peintre et traducteur en allemand d’auteurs avec lesquels il se lie d’amitié, Sander Ort, né en 1942 à Düsseldorf, partage sa vie entre la banlieue parisienne et Tokyo où il réside six mois par an. Traduisant un Choix de poèmes d’André du Bouchet, il a voulu connaître Truinas, le petit village de la Drôme préalpine dont le poète a fait son « haut lieu d’écriture ». Réactualisant un motif...
Richard Blin
novembre 2018
Le Matricule des Anges n°198

Théâtre Tomislav Zajec

Il faudrait sortir le chien Editions Espace d'un instant
2019
Quelques tentatives pour corriger le sens d’une vie lorsqu’il est déjà trop tard. Il pleut. Un homme attend sous un abribus. Il fume. Puis prend la parole pour nous expliquer qu’il va nous raconter une histoire, celle de celui qui fume sous l’abribus : « Nous commencerons par cet homme, sous un abribus par une pluie battante, qui est d’autant plus présent alors que désormais il n’est plus. » Est-il mort ? Est-il parti ? Ou n’est-il simplement plus présent au monde qui...
Patrick Gay Bellile
mai 2019
Le Matricule des Anges n°203

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